En préambule à la discussion concernant, les avantages et risques du Swimrun sur le corps, il me semble essentiel de présenter cette activité en pleine expansion en Europe et dans le Monde entier.

 

Swimrun oui mais késako ?

 

 

            Le Swimrun trouve sa source en Suède il y a 12 ans. Comme beaucoup d’activités outdoor émergentes, les premières notions « Swimrun » se découvrent lors d’un pari alcoolisé après une longue soirée.

Le pari était simple, 4 personnes présentes, 2 groupes….il fallait être les 2 premiers à rallier l’autre bout de l’archipel de Stockholm 75km plus loin. Partir avec son matériel et le garder jusqu’au bout comme les chaussures, la combinaisons pour l’eau froide, matelas gonflable …. une sacrée épopée avec l’équipement de l’époque.

            Quelques années après, Matt Skots et Michael Lemmel, 2 suédois engagés dans le milieu du raid aventure au niveau international, ont l’idée folle que ce pari devienne une course. Delà est apparue Ötillö (ile en ile en suédois) la course originelle et en même temps l’apparition d’une discipline qui ne cesse de se developper en Europe mais aussi dans le monde entier. Il y avait 40 courses en Europe (2-3 pays maximum) mais aujourd’hui il y a plus de 50 évènements ne serait-ce qu’en France. La France étant la 2e nation après la Suède berceau de la discipline en terme de course et de concurrent.

            Pour revenir au Swimrun à proprement dit, c’est une enchainement de plusieurs sections de nage en eau libre (mer ou lac) et de course à pied (route ou typés trail) sur tout type de distance avec la principale particularité de transporter son matériel du départ à l’arrivée. Cela veut dire avoir ces chaussures en nageant ou sa combinaison néoprène en courant. En mode course, le Swimrun se réalise en binôme et il y n’y a pas de catégories d’age uniquement Homme, Femme et Mixte.

            Mais et cela est important, le Swimrun se vit aussi dans son esprit à l’extérieur des courses en sessions d’entrainement ou simplement en partageant un moment sportif avec d’autres personnes. Depuis un moment, des communautés se forment et des sorties s’organisent sans aucun but d’aller vers la compétition mais uniquement profiter de l’instant. Certains s’engagent même dans des Swimrun aventure en itinérance en transportant matériel de bivouac comme Le raid Swirmun méditerranée en juin dernier ou l’expédition au lac Baikal prévue l’été 2018.

Cependant il me semble indispensable de s’inscrire dans la démarche initiale des « 4 Originals » et s’engager vers les 4 piliers suivants :

  • le goût de l’effort
  • le partage
  • le respect de la Nature
  • le respect de l’Homme

 

 

Ces 4 piliers enrichissent ce sport et donnent tout son universalité.

 

L’Effort : Symbole de toute activité sportive avec ou sans compétition et qui permet de se dépenser et se dépasser seul ou en groupe

Le Partage : Symbole constitutionnel du Swimrun qui implique un effort à partager, à vivre, à endurer. Notre Partage se vit avec son ou sa partenaire ce qui rend le Moment encore plus intense mais également un gage de sécurité en eau libre ou en trail dès lors que l’on se situe en zones isolées. Nous pouvons vivre ce Moment uniquement par le partage, par l’union de nos forces qui nous permet d’avancer. Un partenaire et un autre partenaire donnent 2 partenaires et une équipe.

Respect de l’Homme : Autre symbole du Swimrun que nous pensons en lien avec le partage. Respect des concurrents ou partenaires de sortie en veillant les Uns sur les Autres. De plus, nous souhaitons un Swimrun propre sans dérive dopante.

Le Respect de la Nature : Le Swimrun depart ses origines est un sport Outdoor ouvert sur la nature et sur des zones préservées et donc fragiles. Il est indipensable que chacun fasse son possible afin de limiter notre impact que ce soit avec les déchets ou sur les chemins empruntés en se renseignant sur les diverses possibilités d’accès. De même, pourquoi ne pas intégrer la faune et la flore dans notre sortie qui ne doit en aucun cas supporter nos envies d’activités sportives. Vivons dans le respect et l’universalité de cette population.
(extrait du Manifeste des Swimrunners)

 

 

 

 

 

            Maintenant que nous comprenons un peu plus ce qu’est le Swimrun, nous allons préciser les dangers et risques de ce sport.

 

            La plupart des incidents lors de sorties swimrun sont des blessures suite à une chute ou un choc. Le terrain et l’environnement de pratique maximisent les risques que ce soit les chutes sur rochers glissants en sortie d’eau ou le niveau de technicité du terrain en course à pied. Cependant, il existe de nombreux autres phénomènes à prendre en compte.

 

En suivant l’infographie ci dessous, il est plus aisé comprendre les différentes difficultés rencontrées dans ce sport mais aussi sur les items où nous pouvons agir afin de limiter les conséquences. Notez qu’une bonne partie de la tactique de course se joue sur ces items.

 

 

 

Une notion à retenir :

La Thermorégulation

sécurité et tactique

 

Selon le Larousse : Fonction biologique de l’organisme assurant la constance de la température interne du corps (homéothermie) et consistant à équilibrer la thermogenèse et la thermolyse.

L’exercice semble aisé mais trouver cet équilibre (homéothermie) entre nage en eau froide et course avec combinaison définit la principale difficulté de ce sport.

Si la thermogenèse l’emporte, nous risquons l’hyperthermie et si la thermolyse est supérieure, le risque est l’hypothermie. Tout cela est simple mais les dangers sont réels et très vite présent.

 

 

L’hypothermie est dans la plupart en lien direct avec le milieu de la natation en eau froide. Les études montrent que le corps perd une grosse partie de sa chaleur par  CONVECTION.

L’utilisation des combinaisons néoprene est indispensable en dessous de 20°C.

En Swimrun nous ne rencontrons que des hypothermies légères voir modérées et cela vs la durée de la course.

Les signes et la survenue d’hypothermie en swimrun sont majorés par :

  • la déshydratation (ergonomie de la course, nombre de ravitaillement, eau potable accessible, eau salée..)
  • la fatigue induite par la mauvaise alimentation (balance calorifique)
  • mais aussi les conditions climatiques (vent, humidité selon les zones géographiques)

 

Lors des premières nage en eau libre en eau froide, le risques principal n ‘est pas l’hydrocution mais bien la noyade.

Immersion → ++ adrénaline → hyperventilation → si immersion tête possibilité inhalation et OAP

→ vasoconstriction brutale → action direct sur cœur et arrêt possible

 

L’hyperthermie ou « coup de chaud » apparait très vite en Swimrun et les conséquences peuvent être rapidement létales.

Comme avec l’hypothermie, les conditions environnementales sont importantes mais il y a aussi d’autres causes à cette hyperthermie maligne d’effort.

  • la déshydratation
  • le choix tactique de ne pas s’arrêter au ravitaillement
  • certains produits dopants qui accentue la thermogenèse
  • La combinaison est la pièce maitresse de l’hyperthermie. En swimrun , elles sont pourvues d’un zip arrière mais aussi avant afin de ventiler le corps durant l’effort.
  • Il est indispensable de retirer le bonnet de bain lors des sections de course pour un gain de

perte calorique au niveau de la tête.

Les conséquences directes d’une hyperthermie maligne d’effort sont :

  • une fatigue soudaine
  • des vomissements et diarrhées
  • crampes par la pertes électrolytiques (sudation++ selon hygrométrie par exemple)
  • une soif intense avec une langue « rôtie » (dysphagie par effondrement de sécrétions salivaires)
  • un comportement psychomoteur à tendance agressif avec majoration de la désorientation spatio-temporelle

 

A très court terme, une hyperthermie qui s’accentue peut être létale par un blocage de la balance du système nerveux centrale et par arrêt cardiaque en lien direct avec une rhabdomyolyse globale.

 

Comme on a pu le voir précédemment, l’eau est une inconnue importante en Swimrun concernant l’homéothermie.

Primordiale pour éviter une hypertheRmie maligne, le but du « jeu » dans ce sport est de maximiser ses chances de ne pas déséquilibrer cette balance.

Il en ressort des choix tactiques durant une course ou un entrainement de limiter les pertes en eau de notre corps mais d’apporter les volumes suffisants.

Les choix tactiques seront les suivants :

  • repérages du parcours avec points d’eau (fontaines, eau potable..)
  • eau potable en lac idéal pour s’hydrater durant les sections natations (eau du lac d’Annecy )
  • flask transportées dans la combinaison
  • en eau salé, le risque de diarrhées et douleurs abdominales sont majorées
  • de même sur les possibles agents pathogènes en lac avec majoration des pathologies abdominales ainsi qu’ORL

 

            Le Swimrun est une activité excitante mais qui requière de connaître ses capacités physiques et mentales (sans se sur-estimer) mais aussi à partager à plusieurs pour le plaisir et la sécurité.

Les conditions environnementales doivent être ajustées, les sorties préparées et le choix du matériel semble inéluctable. Combinaisons, chaussures adaptes au terrain……

 

comme l’a ecrit Anders Wallensten dans WoSr

«Considering that the numbers of swimrun races are increasing and since they are now held in many different kinds of environments fresh water/brackish/saltwater, close to cities, near farmland or in isolated places etc. this information becomes even more relevant. Further down we have listed some relevant dangers from microbes, algae and jellyfish found in temperate climates and what you can do to avoid them. In short, to protect yourself

 

Jean Christophe Bastiani