Bonjour à tous,

                                                                      

La présence aux JO de Vancouver en Speed-skating, des deux champions du monde Français de roller en ligne de vitesse : Pascal Briand et Alexis Contin, nous rappelle que les deux pratiques sont liées et difficilement dissociables ; mais également que la technique du Roller a bien changé, et franchit un cap important.
A ce niveau on ne parle plus de loisir, mais de véritable sport, car le roller en ligne de vitesse aujourd’hui, c’est la formule 1 du roller classique.
Il est à mis chemin entre le vélo et la course à pieds, d’ailleurs le marathon en est la discipline phare, et s’exécute à des vitesses moyennes de 40km/h, avec des pointes en sprint de plus de 70 km/h, à la seule force des jambes.
La connaissance du matériel – si spécifique ; et la maitrise de la bonne technique – si peut physiologique, sont les deux raisons de cet aboutissement sportif.

En 2007, nous avons réalisé une des premières études sur la pratique du roller en ligne de vitesse, avec la participation du vice champion du monde Philippe Boulard.
La première étape de cette étude, était en tant que podologue, la nécessité de comprendre les implications du matériel sur la biomécanique : longueur des platines (jusqu’à 50cm), tailles et nombres des roues (de 4 à 5, de 80 mm à 110 mm), thermoformage partiel ou total des patins (carbone) à partir d’un positif du pied, et libération des malléoles.
La deuxième étape a nécessité la décomposition des différents temps du mouvement, et l’analyse biomécanique, mais également posturale, des différents gestes sportifs (croisés, poussée latérale, double poussée).
La troisième et dernière étape, a permis la mise en lien des spécificités de matériel, et de gestes sportifs avec la traumatologie ; en essayant d’y apporter des solutions par des appareillages fins, et des conseils de prises d’empreintes personnalisées pour les thermoformages patins. Egalement la mise en place de solution dans la préparation musculaire, afin de tolérer les répercutions des postures, pendant et au delà de la pratique.

Nos conclusions étaient multiples, et allaient toutes dans le même sens : le monde médical ne peut plus ignorer ce sport, de part la diversité et la spécificité de ses pathologies.

• Les pathologies retrouvées dans ce sport sont aussi bien courantes et diverses : 

– Tendinopathies multiples ;
– Elongations/contractures à cause de l’intensité des efforts ;
– Déchirures/claquages sur les accélérations brutales ;
– Arthroses de genoux, et de cheville ;
– Ostéochondroses de croissance (Osgood schlater, Sever..)

Quelques spécificités, de part l’originalité du geste sportif et du chaussage: 

– Apparition d’un syndrome chronique de la loge antérieure de jambe (tibial ant.), causée par la longueur des platines ;
– Remaniements articulaires associés à des exostoses osseuses (Astragale, Naviculaire, Hallux) ;
– Diminutions progressives des rotations internes de hanches, et favorisation de coxarthroses précoces.
– Sur-programmation de la chaine musculaire de flexion associée à une rétroversion de bassin, causant des conflits Lombo/Sacrés et Sacro-iliaques.
– Pathologies cutanées importantes, lors de la pratique pieds nus, dans un chaussant très rigide et peu respirant.

Il est important d’agir pour limiter toutes ces pathologies :

Le meilleur conseil que l’on puisse donner aux nombreux pratiquants débutants, est de s’inscrire en club, afin de bénéficier de toutes les informations, et aides sur le matériel et les techniques nécessaires à l’évolution dans de bonnes conditions.

Nous pensons également, que comme dans de nombreux sport, l’équipe médicale articulée autour de l’entraineur et du médecin du sport, a toute sa place à jouer- dans les clubs, lors de la préparation- et sur le terrain, lors des compétitions, pour agir avec efficacité.

Les semelles orthopédiques proprioceptives thermoformées sont un élément indispensable pour stabiliser et contenir les déséquilibres provenant du pied, elles ne doivent pas être systématique, mais adaptés à un véritable examen postural, réalisé par le podologue et l’équipe médicale, afin d’isoler les pathologies descendantes.

Yannick REPECAUD
Podologue du sport D.U.