Les sports de tir sont globalement constitués par le Tir à l’arc, le Tir au pistolet, et les Tirs à la carabine et au fusil. Ces sports sont des disciplines olympiques et sont assimilés à la 3e discipline individuelle la plus pratiquée dans le monde, après le Tennis et le Golf.
Leur réussite nécessite une grande concentration pour atteindre des cibles de manière précise et répétée, à des distances comprises entre 10 et 300 mètres.
Le rôle de chaque capteur sensoriel, tel que l’œil, l’oreille interne, la mâchoire, les muscles posturaux, et le système podal, doit être parfaitement équilibré et réparti pour assurer la reproductibilité de cette précision.

Un système postural optimisé.

Lors du geste sportif, c’est le capteur oculaire qui est le plus sollicité, accommodant et alignant par l’intermédiaire des lobes occipitaux et frontaux, la vision de près du viseur, à la vision de loin de la cible. Pour optimiser son travail, un cache sur l’œil non directeur ou une œillère sur l’œil viseur, peuvent être utilisés.

Pendant ce même temps, tout le système postural est mis à contribution de manière importante, en effectuant une corrélation assidue et permanente des informations oculaires fournies par l’œil directeur – avec les informations sensorielles des fuseaux neuromusculaires des muscles posturaux de tout le corps (et du membre supérieur viseur) – ainsi qu’avec les barorécepteurs podaux, qui informent le cerveau de sa position dans l’espace, au travers des variations de ses appuis plantaires.
Le dérèglement proprioceptif d’un de ces capteurs sensoriels, provoquera localement une consommation d’énergie plus grande pour une efficacité restant inférieure, tout en ayant des répercutions sur les autres capteurs qui vont devoir compenser ce manque d’efficacité, par un travail plus grand. Le rôle de chaque capteur n’est alors plus reparti de manière équilibré et optimal, provoquant un « défaut » dans le système postural fin, rompant son travail d’optimisation d’énergie, et provoquant une fatigue qui s’accumulera lors de la répétition du geste sportif.

Le système postural fin doit rester en état d’équilibre, pour ne pas pâtir de la défaillance d’un des capteurs, et toujours optimiser la fonction oculaire qui permettra de conserver les performances de tir.

Le travail du Podologue.

Dans l’optique de faciliciter à la fois, la fonction oculaire et le tonus des muscles posturaux, la position de tir doit être travaillée.
La première pierre de l’édifice d’une bonne position de tir, correspond à des appuis au sol solides : perpendiculaires au tir, jambes écartées symétriquement (en fonction des pratiques), et avec un tronc dans l’axe des pieds, contrebalançant le poids de l’équipement.
Le but d’une telle position est de stabiliser les oscillations du centre de gravité, afin de limiter les mouvements parasites sur les membres supérieurs viseurs, mais également pour provoquer un relâchement des chaines musculaires jusqu’au moment du déclenchement du tir.

 Ce geste pourra être analysé par le Podologue du sport – sur le terrain, à l’aide de logiciels d’analyses vidéos spécialisés – ou en cabinet, sur plateforme de stabilométrie afin de mettre en évidence d’éventuelles asymétries ou translations exagérées, des centres de poussé.

Il pourra également agir sur la proprioception podale, par des orthèses plantaires thermoformées portées pendant, ou en dehors de la pratique. Celles-ci reprogrammeront les muscles à l’origine d’instabilités du pied ou de la cheville, et contiendront les affaissements plantaires à l’origine des asymétries ou translations, se répercutant sur le bassin, le dos, l’occiput, et donc la vue.

Ce n’est en effet, qu’en diminuant l’incidence potentiellement néfaste du capteur podal, que l’on pourra obtenir le relâchement musculaires associé à l’équilibre du centre de gravité ; deux conditions nécessaires pour une efficacité parfaite du geste de tir, dont la variation du moindre millimètre en bout de bras, se retrouvera rapidement à plusieurs centimètres de l’objectif, à partir de 10 mètres.

Yannick REPECAUD
Podologue du sport D.U.